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Le quotidien des patients cancéreux traités par chimiothérapie est parfois un chemin du combattant accompagné de nausées quotidiennes. Différentes études décrivent des facteurs de risques personnels dans le développement de ces nausées afin de mieux les prévenir.

1| Les nausées induites par la chimiothérapie sont des effets secondaires difficiles à vivre au quotidien.

Bien qu’il y ait eu de nombreux progrès ces dernières décennies, la gestion des nausées induites par la chimiothérapie fait toujours partie des enjeux de la prise en charge médicale. En effet un mauvais contrôle des nausées et des vomissements peut nuire à la qualité de vie des patients et à l’observance du traitement.(1)

Près de 40% des patients sous chimiothérapie souffrent toujours de nausées malgré l’usage des médicaments anti-émétiques.(2)

C’est un effet secondaire redouté par tous les patients souffrant de cancer et qui a un impact négatif sur leur qualité de vie.

La nausée peut précéder ou non un vomissement. Le réflexe de vomissement correspond à une défense de l’organisme lorsqu’un poison est ingéré. Il s’agit d’un mécanisme naturel complexe pour éliminer certaines toxines.

Les étiologies de la nausée peuvent être liées au cancer lui-même, s’il s’agit d’un cancer du tube digestif, de l’oesophage ou de l’estomac par exemple. Toutefois, ce désagrément est généralement dû au traitement par chimiothérapie, il s’agit de l’un des effets secondaires le plus fréquent lors de la mise sous chimiothérapie.(3)

Une étude quantitative auprès de 300 médecins cancérologues européens prescrivant des anti-émétiques a permis de conclure que les principales raisons de l’inefficacité des traitements étaient le dosage insuffisant que celui requis mais aussi le manque d’observance des patients (avec des doses manquées ou prises trop tardivement).(4)

2| Différentes recherches scientifiques concluent qu’il existe des facteurs de risques de développement des nausées chez certains malades

Si le type de chimiothérapie utilisée est responsable des nausées et vomissements, il a été démontré que ces effets secondaires sont aussi liés aux facteurs de risques personnels des patients cancéreux.

L’identification de ces facteurs de risques permet aux équipes médicales de prescrire en prophylaxie, les antiémétiques les plus adaptés aux patients.

Des chercheurs ont mené une étude sur les nausées induites par la chimiothérapie en analysant les données de 1198 patients, avec près de 4197 cycles de chimiothérapies. Ils ont identifiés huit facteurs de risques dont l’âge (les moins de 60 ans sont plus concernés par les effets indésirables, le fait de commencer une chimiothérapie (les deux premiers cycles), le manque de sommeil avant la chimiothérapie ou encore l’auto-médication de certains traitements.  L’analyse de ces facteurs de risques ont permis de définir une courbe de prédiction et de classer les patients selon des scores de risques.(2)

Une seconde étude incluant 88 patients, dont 55 % de femmes, a été menée afin d’évaluer les différents facteurs de risques personnels dans le développement de nausées sous chimiothérapies aigües et retardées.(5)

Les patients ont tous répondu à des questionnaires de facteurs de risques et ont été soumis à des prises de sang pour identifier des facteurs génétiques avant leur première chimiothérapie.

Les résultats de l’étude font état de nausées de nature tardives pour 55% de l’échantillon. Les facteurs de risques identifiés les plus couramment étaient là aussi l’âge des patients (les plus jeunes sont concernés) et le manque de sommeil avant la chimiothérapie comme l’étude précédente. A ces facteurs s’ajoutent aussi, les antécédents de nausées pendant la grossesse.

La variation du gène « ABCB1 » sur le dosage sanguin était souvent associé à des nausées aiguës plus graves. Ce dosage sanguin a permis d’améliorer la prédiction de 5% supplémentaires en plus des facteurs de risques déclarés par les patients.(5)

Ces études sont très encourageantes, cependant pour améliorer la prédiction, de nouvelles études génétiques sont à prévoir pour examiner d’autres variantes génétiques.

3| Sources

  1. Shankar A, Roy S, Malik A, Julka PK, Rath GK. Prevention of Chemotherapy-Induced Nausea and Vomiting in Cancer Patients. Asian Pac J Cancer Prev. 2015;16(15):6207–6213. DOI: 10.7314/apjcp.2015.16.15.6207
  2. Dranitsaris G, Molassiotis A, Clemons M, et al. The development of a prediction tool to identify cancer patients at high risk for chemotherapy-induced nausea and vomiting. Ann Oncol. 2017;28(6):1260–1267. doi:10.1093/annonc/mdx100
  3. J.-P. Durand, I. Madelaine, F. Scotté, Guidelines for prophylaxis and treatment of chemotherapy-induced nausea and vomiting,Bull Cancer vol. 96, N° 10, octobre 2009
  4. Matti Aapro, Pierfrancesco Ruffo, Roger Panteri, Stefano Costa, Vittoria Piovesana, Oncologist perspectives on chemotherapy‐induced nausea and vomiting (CINV) management and outcomes: A quantitative market research‐based survey. Cancer report, Volume 1, Issue 4, 2018. Doi.org/10.1002/cnr2.1127
  5. Puri S, Hyland KA, Weiss KC, et al. Prediction of chemotherapy-induced nausea and vomiting from patient-reported and genetic risk factors. Support Care Cancer. 2018;26(8):2911–2918. doi:10.1007/s00520-018-4120-6