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Certaines études scientifiques le prouvent, les hommes ont plus de risques de développer un diabète de type 2 (DT2) que les femmes. La prévalence de DT2 à 45 ans est de près de 12% chez les hommes contre 8% environ chez les femmes.1 Une des raisons pourrait être le déficit modéré en androgènes.

 

Diabète de type 2 et hormones sexuelles

Les hormones sexuelles ont un impact important sur le métabolisme et la composition corporelle avec l’augmentation de l’adiposité notamment associée à l’installation d'une insulinorésistance.2 En effet, il a été démontré que les hommes souffrant de surpoids ou d’obésité ont fréquemment de faibles concentrations en testostérone. Ce déficit en androgènes favoriserait la survenue de diabète de type 2 chez les hommes.

Des chercheurs australiens ont essayé de prouver si un traitement à la testostérone pouvait empêcher la progression de diabète de type 2 précoce, indépendamment de la mise en place de règles hygiéno-diététiques.3

 

Une substitution hormonale pourrait faire reculer le diabète de type 2

Publiée récemment, une étude australienne démontre la pertinence d'une substitution hormonale chez les patients ayant un prédiabète ou un récent diagnostic de diabète. Après deux ans de suivi, les chercheurs ont démontré que la supplémentation hormonale en testostérone a un impact favorable sur l'évolution du prédiabète en diabète et sur la tolérance au glucose et le contrôle glycémique des patients nouvellement diagnostiqués.

Il s’agit d’une étude randomisée en double aveugle, contrôlée par placebo et réalisée dans 6 centres de soins australiens. Sur près de 19 000 patients présélectionnés, 5% environ de l’effectif, soit 1007 ont été inclus dans l’étude et répartis au hasard dans le groupe placebo (503 hommes) et le groupe testostérone (504). Les patients étaient âgés de 50 à 74 ans, avec un tour de taille minimal de 95 cm et ont reçu un traitement à la testostérone pendant 6 semaines puis tous les 3 mois pendant 2 ans. Les principaux critères de jugement étaient le diabète de type 2 ainsi que la variation moyenne par rapport à la valeur initiale de la glycémie. Selon les scientifiques, au bout des 2 ans, la proportion de participants atteints de diabète de type 2 a diminué avec une variation moyenne par rapport à la glycémie initiale de −0,95 mmol / L dans le groupe placebo contre −1,70 mmol / L dans le groupe testostérone. Les chercheurs ont également évalué l'innocuité du traitement hormonal en surveillance l'hématocrite et l'antigène prostatique, et analysé tous les événements indésirables graves.3

Davantage de recherches sur les mécanismes physiopathologiques en fonction du sexe sur la survenue de DT2 pourraient contribuer à une prise en charge plus personnalisée du diabète et prendre en compte comme facteur de risque le sexe dans la prévention du DT2.

 

Sources

  1. Fuentes S, Fosse-Edorg S, Bruno-Mandereau L et col. Trends on prevalence ans incidence of types 2 diabtes in France betxeen 2010 and 2017 : a nationwide population-based study. Poster Event PS 006 : Trends, prevalence and incidence.

  2. Kautzky-Willer A, Harreiter J, Pacini G. Sex and Gender Differences in Risk, Pathophysiology and Complications of Type 2 Diabetes Mellitus. Endocr Rev. 2016 Jun;37(3):278-316. doi: 10.1210/er.2015-1137. Epub 2016 May 9. PMID: 27159875; PMCID: PMC4890267.

  3. Wittert G, Bracken K, Robledo KP, Grossmann M, Yeap BB, Handelsman DJ, Stuckey B, Conway A, Inder W, McLachlan R, Allan C, Jesudason D, Fui MNT, Hague W, Jenkins A, Daniel M, Gebski V, Keech A. Testosterone treatment to prevent or revert type 2 diabetes in men enrolled in a lifestyle programme (T4DM): a randomised, double-blind, placebo-controlled, 2-year, phase 3b trial. Lancet Diabetes Endocrinol. 2021 Jan;9(1):32-45. doi: 10.1016/S2213-8587(20)30367-3. PMID: 33338415.