Image Large 1170 x 400: 

Benoît Chassaing, chercheur à l’INSERM au sein de l’institut Cochin, et son équipe travaillent sur la création d’un vaccin anti-maladies chroniques inflammatoires. Les premiers résultats des travaux chez l’animal sont prometteurs.

1| Un vaccin efficace pour lutter contre les maladies inflammatoires

Les travaux de Benoît Chassaing et son équipe portant sur un vaccin capable de prévenir les maladies inflammatoires chroniques semblent encourageants.

Les premiers résultats chez l'animal sont très positifs. La mise au point d'un vaccin qui modifirait la composition et la fonction du microbiote intestinal, afin de protéger les sujets contre l'apparition de maladies chroniques inflammatoires telles que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, se confirme (1).

Les patients atteints de ces maladies disposent généralement au sein de leur flore intestinale d'une diversité bactérienne inférieure à la normale. De plus, chez ces mêmes patients on observe souvent la présence d'une bactérie en excès exprimant la flagelline, une protéine qui favorise la mobilité bactérienne. De ce fait, les bactéries traversent le mucus et provoque une inflammation chronique (2). En temps normal, le mucus constitue une barrière stérile contenant naturellement des anticorps notamment anti-flagelline.

Afin d’augmenter la production d'anticorps anti-flagelline au niveau de la muqueuse intestinale, les chercheurs ont administré de la flagelline à des souris. Ainsi, une immunisation contre la flagelline et une protection contre l'inflammation intestinale ont été observées (1).

Les souris vaccinées, en comparaison à celles qui ne l’étaient pas, avaient une quantité plus faible de bactéries exprimant la flagelline au sein de leur microbiote, ainsi qu'une absence de ces micro-organismes dans leurs muqueuses intestinales.

2| Une stratégie vaccinale envisageable chez l'homme

La présence de bactéries exprimant la flagelline dans le microbiote serait associée à des troubles métaboliques. Les chercheurs ont émis l’hypothèse d’une corrélation entre l’usage abusive d’antibiotiques, et une consommation d’additifs alimentaires, avec l’agression du microbiote responsable de maladies métaboliques telles que l’obésité et le diabète (3).

Ils ont soumis les souris à un régime riche en lipides et ont remarqué que celles vaccinées n’étaient pas devenues obèses, contrairement aux autres. Benoît Chassaing et son équipe ont donc démontré que chez la souris, l'injection répétée de flagelline provoquait une augmentation des anticorps anti-flagelline et réduirait l'obésité induite par un régime alimentaire riche en graisses.

Selon les chercheurs, une stratégie vaccinale similaire, avec l’administration de flagelline dans la muqueuse intestinale, est envisageable chez l'homme afin de prévenir les maladies inflammatoires et métaboliques chroniques (1).

3| Sources

1. Tran HQ, Ley RE, Gewirtz AT, Chassaing B. Flagellin-elicited adaptive immunity suppresses flagellated microbiota and vaccinates against chronic inflammatory diseases. Nat Commun. 10, 5650 (2019). Doi :10.1038/s41467-019-13538-y.

2. Chassaing, B. et al. Dietary emulsifiers impact the mouse gut microbiota promoting colitis and metabolic syndrome. Nature 519, 92–96 (2015). Doi : 10.1038/nature14232.

3. Chassaing, B. & Gewirtz, A. T. Has provoking microbiota aggression driven the obesity epidemic? Bioessays 38, 122–128 (2016). Doi : 10.1002/bies.201500116.