L’étude du vieillissement cutané, qui fait l’objet du colloque actuel de L’Institut Servier, s’inscrit dans la droite ligne des exposés antérieurs.
En effet, une réunion avait été consacrée à la vulnérabilité, à la fragilité et au vieillissement en 2003, une autre à l'étude des états de dépendance fonctionnelle en 2007, et la sarcopénie et le vieillissement musculaire furent envisagés en 2012. L’augmentation continue de l’espérance de vie, dont on souligne qu’elle permet aux Français de bénéficier d’un trimestre de survie supplémentaire par an, n’est pas qu’un avantage. En effet, outre le poids économique qui en résulte, l’objectif qui doit mobiliser les efforts de toute la communauté, mais spécialement du corps médical et des décideurs politiques, est celui d’assurer un vieillissement en bonne santé et avec un minimum de handicap. Le concept n’est pas nouveau puisqu’on le trouve déjà exprimé dans les oeuvres d’Hippocrate !
L’amélioration des conditions de vie et d’alimentation, les progrès de l’hygiène ont contribué, autant que les avancées scientifiques, aux résultats spectaculaires et continus qui ont fait reculer l’âge de la dépendance fonctionnelle. Toutefois, les efforts réalisés n’ont pas été les mêmes selon les organes envisagés : si le vieillissement cardiovasculaire, bronchopulmonaire, squelettique, le diabète de type 2 et les pathologies métaboliques ont suscité un vif intérêt, il n’en est pas de même pour l’étude de la peau qui a fait plus souvent la une des magazines féminins que de la presse médicale.
Si le mythe de l’éternelle jeunesse concerne aussi bien le sexe masculin depuis le Docteur Faust, les essais thérapeutiques de Brown Sequard et l’avènement plus récent du sildefanil, la déification de l’astre solaire a soulevé bien des controverses. Le développement inconsidéré des cabines de bronzage a justifié une mise en garde de l’Académie nationale de médecine [1] car, sous un masque trompeur de bonne santé apparente, tout sacrifier à la mode et à l’esthétique, c’est aussi prendre des risques abusifs de pathologies dermatologiques redoutables.
Cependant, il est instructif de considérer d’un oeil critique, voire d’un sourire narquois,les divergences des dermatologues et des rhumatologues. Ces derniers nous ont appris à la suite des pédiatres tous les maux qui frappent les sujets atteints de déficit en vitamine D responsable d’une série de cataclysmes qui débordent largement la sphère ostéo-articulaire et que l’alimentation standard est incapable de combleralors que l’exposition solaire raisonnable et raisonnée a prouvé son efficacité. Là encore, un rapport de l’Académie de médecine rappelle les droits du bon sens et les limites du concept.[2]
La séance à laquelle nous assistons a été organisée par Camille Francès qui va vous en rappeler les grandes lignes.
Avec les années, la peau, organe par excellence de relation avec l’extérieur, mais aussi vitrine de l’intérieur, non seulement a une apparence modifiée mais aussi des fonctions altérées avec augmentation du risque de cancer. L’influence des facteurs génétiques et des facteurs extérieurs comme l’exposition solaire ne peut être niée même si certains effets bénéfiques de l’exposition solaire sont connus non seulement sur le système ostéo-articulaire mais aussi sur le psychisme. Une première partie de cette journée sera consacrée à l’influence du vieillissement sur les propriétés fonctionnelles de la peau, la dermatoporose, ses capacités de cicatrisation et la carcinogénèse. La pharmacologie cutanée, sujet en pleine expansion, sera ensuite exposée. Nous envisagerons secondairement les possibilités de réparation ainsi que les moyens d’évaluation. Pour terminer, nous aurons l’avis du psychiatre sur le mythe de l’éternelle jeunesse entretenu largement par la société actuelle.

Sommaire

Introduction : Le vieillissement cutané
Pierre Godeau et Camille Francès

Influence du vieillissement sur les propriétés fonctionnelles de la peau
Jean-Luc Lévêque

La Dermatoporose
Gürkan Kaya

Carcinogenèse et vieillisement cutané
Nicole Basset-Seguin

La couleur de la peau humaine : de la recherche à l’esthétique
Thierry Passeron

La cicatrisation cutanée chez le sujet âgé : de la pathologie à la réparation
Sylvie Meaume

Pharmacologie et dermatologie du vieillissement
Jean-Hilaire Saurat et Olivier Sorg

Lymphocytes B régulateurs au cours des maladies bulleuses auto-immunes
Philippe Musette

Intérêt des substituts cutanés pour la recherche en cosmétologie
Odile Damour, Céline Auxenfans, Eric Dantzer, Christian Echinard,
Amélie Thépot et Morgan Dos Santos


Place des cosmétiques dans le vieillissement cutané
Anny Cohen-Letessier

Techniques de comblement : jusqu’où peut-on aller ?
Annick Pons-Guiraud

Le mythe de la beauté éternelle en 2013 : le point de vue du psychiatre
Jean-Paul Mialet

Organisateur
Pr Camille Frances
Auteurs
Pierre Godeau, Camille Francès, Jean-Luc Lévêque, Gürkan Kaya, Nicole Basset-Seguin, Sylvie Meaume, Olivier Sorg, Jean-Hilaire Saurat, Philippe Musette, Yannis Tsouderos, Odile Damour, Céline Auxenfans, Amélie Thépot, Morgan Dos Santos, Eric Dantzer, Christian Echinard, Anny Cohen-Letessier, Annick Pons-Guiraud, Jean-Paul Mialet
Organisateur
Pr Camille Frances
Auteurs
Pierre Godeau, Camille Francès, Jean-Luc Lévêque, Gürkan Kaya, Nicole Basset-Seguin, Sylvie Meaume, Olivier Sorg, Jean-Hilaire Saurat, Philippe Musette, Yannis Tsouderos, Odile Damour, Céline Auxenfans, Amélie Thépot, Morgan Dos Santos, Eric Dantzer, Christian Echinard, Anny Cohen-Letessier, Annick Pons-Guiraud, Jean-Paul Mialet
Catégorie
Vieillissement
Type de publication
Acte
Année
2013
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