L’Institut Servier organise chaque année, en novembre, à Paris, les Journées Scientifiques, qui se déroulent sur deux jours et proposent :

● Le Symposium des Lauréats : chercheurs, médecins et/ou pharmaciens ayant bénéficié d’une bourse de recherche d’aide à la mobilité, et présentant les travaux de recherche réalisés à cette occasion, en présence de leur chef de service et du directeur du laboratoire d’accueil.

● Le Colloque : organisé par deux membres du Comité Scientifique, consacré à un thème d’actualité et d’avenir, notamment dans les domaines thérapeutiques suivants : maladies cardiovasculaires, diabète, maladies neurodégenératives, immuno-inflammation et oncologie.

22 novembre 2018
Le Microbiote Intestinal et son Hôte : Entente ou mésentente ?
Organisé par :
Pr Bernard DEVULDER, Béatrice GUARDIOLA, Pr François BRICAIRE
9h00 – 9h20
Introduction
François Bricaire (Paris), Béatrice Guardiola (Paris)
9h20 – 9h40
Le microbiote intestinal : définitions, constitution et défis
Patrice Debré (Paris)
Entre la bouche et l’anus, sur une surface considérable de près de 400 m², plusieurs centaines de milliards de bactéries cohabitent, sans compter les virus et les champignons. La caractérisation  du microbiote, de ses fonctions, et de ses anomalies, représente ainsi un important défi et un des principaux enjeux pour l’étude de la physiologie de l’homme et de ses pathologies.
9h40 – 10h00
Le microbiote intestinal, un déterminant clé en santé et en pathologie. Des correlations aux mécanismes.
Nadine Cerf-Bensussan (Paris)
10h40 – 11h10
Education du système immunitaire par le microbiote.
Gérard Eberl (Paris)
Le microbiote symbiotique de l’intestin joue un rôle important dans l’ontogenèse du système immunitaire après la naissance. Quand  le « dialogue » entre microbiote et système immunitaire est perturbé, le système  immunitaire développe une empreinte pathologique qui durera durant la vie adulte  et augmentera la susceptibilité aux pathologies inflammatoires. Nous explorerons les composantes du microbiote et du système immunitaire qui sont requis après la naissance  pour prévenir cette empreinte pathologique, et plus tard  prévenir le développement de pathologies.
11h10 – 11h30
Acquisition et altération du microbiote intestinal de la naissance à l’âge adulte : conséquences métaboliques et neurologiques pour la santé.
Laura M. Cox (Boston)
Les altérations du microbiote intestinal par les antibiotiques, un régime, ou des modifications génétiques peuvent contribuer à des maladies  métaboliques et neurologiques incluant l’obésité, le diabète l’autisme, les scléroses multiples, et la maladie d’Alzheimer. Du fait d’une fonction immunologique immature chez l’enfant et d’un vieillissement de la fonction immunologique chez la personne âgée, la  première et la dernière partie de la vie représentent des fenêtres temporelles durant lesquelles la population peut être plus vulnérable aux altérations du microbiote.  Nous verrons comment cette vulnérabilité peut participer à la progression des maladies neurologiques et métaboliques, et comment la manipulation du microbiote peut influencer l’évolution de ces maladies.
11h40 – 12h00
Telle flore, tel foie.
Gabriel Perlemuter (Paris)
12h00 – 12h20
Agir sur le microbiote dans les maladies cardiométaboliques : pour qui, quoi, quand et comment ?
Karine Clément (Paris)
Le développement et la progression des maladies métaboliques sont liés aux changements de nombreux facteurs environnementaux qui interagissent avec le background génétique des individus et des facteurs  épigénétiques. Le microbiote intestinal est un   facteur clé à l’interface entre changements environnementaux et  la biologie de son hôte. Certaines maladies sont associées à une réduction de la diversité et une modification de la composition  du microbiote , avec une aggravation de la dysbiose, et progression de la maladie, particulièrement dans le contexte de l’obésité. Cette présentation examinera si une modification du microbiote peut aider à améliorer le statut métabolique des patients et si oui lesquels.
14h00 – 14h20
Microbiote et immunorégulation: implication thérapeutique en oncologie.
Conrad Rauber (Paris)
Le microenvironnement d’une tumeur est influencé par les thérapies anticancéreuses, et en particulier par celles qui affectent l’homéostasie intestinale. Nous avons reporté qu’une « dysbiose » c.a.d.  une modification de la composition   du microbiote causée par l’utilisation d’antibiotiques à large spectre, compromet l’efficacité de la chimiothérapie et de l’immunothérapie. Nos récents résultats suggèrent l’importance d’un intestin en bonne santé pour l’efficacité thérapeutique de divers anti-cancéreux parmi lesquels les bloqueurs de ckeckpoints immuns, le cyclophosphamide et composés à base de platinium. La modulation de la composition du microbiome intestinal chez les patients cancéreux présente  un grand intérêt pour restaurer  le set point  immunologique du cancer et en contourner la résistance primaire dans certains cancers.
14h20 – 14h40
Quel rôle pour le microbiote en psychiatrie ?
Philippe de Timary (Louvain)
14h40 – 15h00
L’exploration structurale et fonctionnelle du microbiote en 2018 ? Un référentiel pourquoi faire ? Un outil diagnostique ? Une source de nouveaux médicaments ? Pour ou contre ?
Hervé Blottière (Paris)
Le microbiote intestinal humain est considéré essentiel dans le contrôle de fonctions physiologiques clés pour son hôte, en particulier la fonction barrière de l’intestin et la maturation du système immunitaire. Le débat est ouvert entre les sceptiques qui n’y voient qu’une ‘microbio-mania’ transitoire, couteuse (séquençage NGS) et sans grand intérêt, et les adeptes qui y voient une rupture complète de paradigme invitant à revoir le monitoring de la santé, la prévention et la thérapeutique, notamment dans le contexte des maladies chroniques dont l’incidence n’a cessé d’augmenter, incontrôlée, durant les 60 dernières années.
15h25 – 15h45
Microbiote intestinal et maladie inflammatoire de l’intestin.
Harry Sokol (Paris)
Les patients souffrant de maladies intestinales chroniques (MICI) présentent une altération de la composition de leur microbiote intestinal, avec notamment une diminution de la présence de la bactérie anti-inflammatoire, telle que Faecalibacterium prausnitzii. Nous avons également observé chez ces mêmes patients une altération du microbiote fungal. L’association de plusieurs polymorphismes des gènes de l’immunité innée impliqués dans la détection de MICI représente un autre argument pour l’implication du microbiote intestinal dans la pathogenèse des MICI. Plusieurs facteurs génétiques impliqués dans les MICI pourraient en effet   agir par un effet du microbiote. Nous montrerons que ceci est le cas pour le gène de susceptibilité des MICI, CARD9.Basé sur la démonstration de son rôle dans la pathogenèse des MICI, le microbiote apparait désormais comme une cible thérapeutique ; de nouvelles générations de probiotiques, de même que les transplantations fécales sont activement recherchées.
15h45 – 16h05
Utilisation de probiotiques de nouvelle génération pour prévenir et traiter les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).
Philippe Langella (Paris)
L’absence de F. prausnitzii commensal est associée à plusieurs maladies dysbiotiques. F. prausnitzii peut être considéré comme un biomarqueur de la santé humaine. F. prausnitzii est un acteur majeur dans les stratégies nouvelles préventives et curatives requises pour prévenir et traiter les désordres et maladies gastro-intestinales. Nous présenterons ici  nos derniers résultats qui confirment  le haut potentiel de F. prausnitzii comme un probiotique de nouvelle génération   pour les  patients souffrant de syndromes et de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Nous présenterons également le potentiel de nouvelles générations d’autres probiotiques qui sont des lactobacilii, capables de produire des agonistes Ahr qui  récemment ont  été montré protecteurs  de colites  expérimentales dans des modèles murins.
16h05 – 16h25
Quelle place pour une entité chimique visant une cible intestinale spécifique du microbiote ? L’exemple des maladies cardiovasculaires et métaboliques.
Rémy Burcelin (Toulouse)
Les analyses en multidimension par une approche de biologie systémique permettent d’isoler, dans un milieu très complexe tel que l’est la relation hôte-microbiome, certaines activités métaboliques et caractéristiques structurelles qui sont des facteurs régulateurs capables d’être ciblés par des stratégies pharmacologiques. Des études concernant les complications cardiovasculaires du diabétique de type 2 peuvent être entreprises de manière similaire afin d’identifier ces facteurs bactériens causaux du risque cardiométabolique.
16h25 – 16h45
Études cliniques et intérêt thérapeutique.
Gabriel Perlemuter (Paris)