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La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique courante d’origine auto-immune qui fait l’objet de nombreuses recherches afin d’améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients qui en souffrent. Des chercheurs italiens ont effectué une revue des dernières publications sur cette pathologie.

Une maladie auto-immune courante encore en exploration

En France, ce sont environ 300 000 personnes qui sont concernées par la polyarthrite rhumatoïde. La prise en charge de cette affection rhumatismale fréquente repose sur des traitements médicamenteux et non médicamenteux afin de diminuer les symptômes et améliorer la qualité de vie des personnes. Cette maladie auto-immune chronique touche principalement les femmes, et se caractérise par une arthrite inflammatoire ainsi qu’une atteinte extra-articulaire. Ces troubles sont causés par la destruction symétrique et inflammatoire des articulations distales.1

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est causée par des facteurs génétiques et environnementaux, qui ne sont pas toujours évidents à identifier. La récente découverte de nouveaux polymorphismes géniques notamment permet de mieux comprendre la pathogenèse de la PR.

 

Des facteurs génétiques et environnementaux

Une équipe de chercheurs italiens a effectué une revue des publications sur l’année 2020.2 Concernant les facteurs génétiques, l’équipe relève notamment que parmi les différentes cytokines régulant la pathogenèse de la PR, la cytokine IL-12 semble moduler les processus impliqués dans la réponse immunitaire. C’est plus particulièrement le polymorphisme « rs17860508 » du gène IL12B qui a été récemment associé à une susceptibilité génétique dans une étude menée auprès de la population bulgare. De plus, selon les chercheurs, de nombreuses variantes génétiques peuvent être associées à des aspects cliniques spécifiques et contribuer à la vulnérabilité à la maladie ainsi qu’à la sévérité des troubles. C’est notamment le cas du gène RARB qui serait responsable du développement de l'athérosclérose subclinique dans la PR.

En plus des aspects génétiques, les facteurs environnementaux comme le tabagisme, la pollution atmosphérique, l'alimentation, l'obésité et les infections sont reconnus comme pouvant être responsables du déclenchement de la PR chez les personnes génétiquement prédisposées. Une étude prospective récente auprès d’un échantillon de femmes confirme l'association entre le tabagisme actif et le risque de développer la PR et démontre également pour la première fois, les effets de l'exposition passive au tabac dans l'enfance. D’autres études démontrent également le rôle de certaines particules polluantes dans le développement de la PR. Les chercheurs italiens ont aussi relevé l’existence d’une méta-analyse récente qui confirme un risque plus élevé de développer une PR pour les personnes en surpoids ou obèses par rapport aux personnes ayant un IMC normal. Au-delà du poids, l’hygiène de vie diététique et l’activité physique semblent avoir un impact important dans la prévention de la survenue de PR. Enfin, les infections virales, et notamment l’infection au coronavirus, pourraient jouer un rôle déterminant dans la survenue de la PR. De nouvelles études sont nécessaires pour confirmer ce dernier point.2 Les chercheurs espèrent que l’évolution des connaissances sur la PR aboutira à la découverte de nouvelles thérapeutiques plus ciblées.

 

Sources

  1. Wang J, Yan S, Yang J, Lu H, Xu D, Wang Z. Non-coding RNAs in Rheumatoid Arthritis: From Bench to Bedside. Front Immunol. 2020 Jan 28;10:3129. doi: 10.3389/fimmu.2019.03129. PMID: 32047497; PMCID: PMC6997467.

  2. Giannini D, Antonucci M, Petrelli F, Bilia S, Alunno A, Puxeddu I. One year in review 2020: pathogenesis of rheumatoid arthritis. Clin Exp Rheumatol. 2020 May-Jun;38(3):387-397. Epub 2020 Apr 23. PMID: 32324123.