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Une récente étude croisée chinoise publiée dans le Journal of the American College of Cardiology, démontre qu'une exposition à la pollution atmosphérique serait associée à un risque accru de décès par maladies cardiovasculaires et plus particulièrement d’infarctus du myocarde (IDM).

 

Un nouveau facteur de risque identifié dans l’infarctus du myocarde

En France, pas moins de 120 000 IDM sont répertoriés chaque année, avec un décès dans l’heure dans 10% des cas et l’année suivante dans 15% des cas selon la Fondation pour la Recherche Médicale.1 On connait mieux les facteurs de risques principaux de l’IDM comme le tabagisme ou encore le diabète, l’obésité et l’hypercholestérolémie, mais depuis peu la pollution de l’air fait partie des causes possibles.

La pollution atmosphérique essentiellement due à l’activité humaine et industrielle constitue un enjeu de santé publique mondial. Les effets de la pollution sur la santé déjà identifiés par la communauté médicale sont certaines maladies respiratoires comme l’asthme, les cancers et notamment les tumeurs cérébrales 2 et d’autres maladies chroniques comme l’hypertension artérielle. Les effets néfastes sur la santé sont donc très nombreux et inquiètent de plus en plus la communauté médicale et scientifique.

 

Une récente étude chinoise démontre une corrélation entre pollution atmosphérique et décès par IDM

La Chine fait partie des pays les plus pollués au monde et l’étude menée par les chercheurs chinois est édifiante. Selon les scientifiques, une exposition à court-terme aux particules fines de diamètre inférieur ou égal à 2,5μm ou de diamètre inférieur à 10μm et au dioxyde d'azote, serait associée à un risque accru de décès par infarctus du myocarde. Les fines particules, parce qu’elles sont très petites et qu’elles pénètrent facilement les cellules et la circulation sanguine peuvent constituer un risque important pour la santé.

L’étude menée, portait sur plus 151 608 décès par infarctus du myocarde dans la province chinoise d'Hubei de 2013 à 2018. Pour les décès survenus entre 2013 et 2018, 98,2% d'entre eux étaient dus à des IDM aigus, avec une majorité d’hommes (54%), de personnes âgées de moins de 75 ans (41%). Selon les observations des chercheurs, 55,8 % des décès ont lieu pendant la saison hivernale.

Pour faire leur analyse, les chercheurs ont récupéré les adresses de domicile des patients décédés par IDM afin de déterminer le niveau d'exposition en fonction de la distance du domicile au système de surveillance de la pollution atmosphérique. En effet, la majorité des villes chinoises sont équipées de capteurs mesurant les concentrations de polluants dans l'air.

En définitive, l’équipe chinoise a démontré que les risques d’IDM augmentaient en fonction du niveau d’exposition aux PM2,5, PM10 et NO2. Plus l’exposition était importante, plus les risques étaient élevés.

 

Sources

  1. https://www.frm.org/recherches-maladies-cardiovasculaires/infarctus-du-myocarde/l-infarctus-du-myocarde-en-chiffres#:~:text=Environ%20120%20000%20infarctus%20du%20myocarde%20sont%20r%C3%A9pertori%C3%A9s%20en%20France%20chaque%20ann%C3%A9e.

  2. Harbo Poulsen A, Arthur Hvidtfeldt U, Sørensen M, Puett R, Ketzel M, Brandt J, Christensen JH, Geels C, Raaschou-Nielsen O. Components of particulate matter air-pollution and brain tumors. Environ Int. 2020 Nov;144:106046. doi: 10.1016/j.envint.2020.106046. Epub 2020 Aug 25. PMID: 32858469.