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Une étude rétrospective menée à Marseille par le Dr Gabriel Revon-Rivière, publiée en mars dernier, a montré que les soins palliatifs n’étaient pas systématiques en oncologie pédiatrique.

Le constat est sans appel. « Bien que l’organisation des soins palliatifs pédiatriques s’est structurée en France grâce au plan ministériel soins palliatifs 2008-2012 », rappelle la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP), la culture palliative se développe difficilement en pédiatrie. C’est ce qu’a révélé une étude menée par le Dr Gabriel Revon-Rivière, médecin de l’équipe ressource régionale en soins palliatifs pédiatriques (ERRSPP) en PACA (1), publiée en mars.

 

1899 dossiers d’enfants et d’adolescents étudiés

Dans le cadre de cette recherche, 1899 dossiers d’enfants et d’adolescents décédés des suites d’un cancer ont été étudiés. Il en ressort que sur les 80% décédés à l’hôpital, 61,4% d’entre eux ont reçu des soins intensifs (chimiothérapie, hospitalisation en unité de soins intensifs ou un passage aux urgences) dans les 30 derniers jours de vie et 28,8 % ont subi des soins invasifs (intubation, ventilation mécanique, réanimation cardio-pulmonaire ou encore hémodialyse). « C’est avéré. Chez les adultes une prise en charge palliative précoce a des effets positifs sur la qualité de vie et la survie du patient » (2), affirme le Dr Gabriel Revon-Rivière. « Or, nous avons constaté que chez les jeunes patients ayant bénéficié d’une prise en charge palliative, les soins intensifs étaient considérablement réduits ». En effet, sur les 1899 jeunes sujets de l’étude, seuls 51,2% ont reçu des soins intensifs durant leur prise en charge palliative avant leur dernier mois de vie.

 

La problématique palliative mal identifiée ?

Les résultats révèlent également que 70, 2% des enfants et adolescents de l’étude ont bénéficié de soins intensifs au cours d’une prise en charge palliative pendant leur dernier mois de vie. De même, 82,8% d’entre eux en ont reçu sans avoir pu bénéficier de soins palliatifs.

Ainsi, ce recours tardif aux soins intensifs, dans le dernier mois de vie, pourrait suggérer « que la problématique palliative n’aurait pas été identifiée et que les soins de l'enfant ou de l'adolescent ont perduré probablement au détriment de la qualité de vie », selon le Dr Revon-Rivière. Et d’ajouter : « le faible nombre de structures expertes en soins palliatifs pédiatriques, les réticences des soignants à envisager ces soins et le manque de données dont disposent les équipes médicales pour évaluer le pronostic les jeunes patients atteints d’un cancer », pourraient bien expliquer ce constat.

 

Sources

  1. Revon-Rivière G. et al. High-intensity end-of-life care among children, adolescents, and young adults with cancer who die in the hospital: A population-based study from the French national hospital database. Cancer. 2019 Mar 26. doi: 10.1002/cncr.32035.
  2. Boulec C. et al. Early palliative care in oncology. Bull Cancer. 2019 Jun 4. pii: S0007-4551(19)30197-3. doi: 10.1016/j.bulcan.2019.04.006.