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Une étude scientifique a révélé que près de 40% des patients souffrant de maladies chroniques diverses estimait le « fardeau du traitement » insupportable en terme d’énérgie, de temps et de coûts financiers.

1| Les maladies chroniques constituent un enjeu de santé publique majeur

La prise en charge des maladies chroniques ou maladies non transmissibles, est complexe et constitue un enjeu majeur de santé publique.

La HAS (Haute Autorité de Santé) affirme que « La prévalence des maladies chroniques augmente régulièrement en raison de l’allongement de l’espérance de vie ».

Selon l’Assurance Maladie, les affections de longue durée (ALD) sont des maladies dont «la gravité et le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse ».(1)

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) affirme que les maladies chroniques (cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancers, affections respiratoires chroniques, diabète...) sont la première cause de mortalité dans le monde. Elles seraient responsables de 63% des décès (OMS, 2008).(2)

Il y a actuellement plus de 9 millions de personnes concernées par une ALD, et ce chiffre tend à augmenter avec le vieillissement de la population et la présence de poly-pathologies. Depuis 10 ans, chaque année, on note une évolution de 5% environ de ces maladies.

Pour les patients atteints des affections de longues durée, le suivi implique au cours de la vie de nombreux efforts pour les examens de suivis, les traitements, le respect des règles hygiéno-diététiques ainsi que l’organisation des consultations médicales et paramédicales (par exemple des consultations diététiques dans les maladies métaboliques). Ces efforts à la longue peuvent peser sur le quotidien des patients et devenir de véritables obstacles au suivi des pathologies.

2| Plus d’un tiers des patients français atteints de maladies chroniques estiment ne pas être en mesure de supporter la charge de soins

Une récente étude française menée par le Dr Viet-Thi Tran et le Pr Philippe Ravaud, auprès de patients atteints de maladies chroniques conclut que 38% des patients évaluent leur « fardeau du traitement » insupportable en terme de temps, d’énergie et de moyens financiers. Cette étude a été réalisée via ComPaRe, une base de données dédiée à la Communauté de Patients pour la Recherche.(3)

Un peu plus de 2400 personnes atteintes de maladies chroniques ont répondu volontairement aux questions posées par les chercheurs. L’échantillon était composé de dont 73,8 % de femmes et l’âge moyen était de 48 ans environ.

L’enjeu de cette étude était de comprendre les difficultés de suivi dans la prise en charge des maladies chroniques afin justement d’améliorer ce suivi et d’évaluer les patients à risques d’abandonner leur prise en charge.

En répondant au questionnaire les patients ont évalué notamment la charge que représente la prise médicamenteuse, les bilans sanguins, les consultations, l'auto-surveillance, le suivi des règles hygiéno-diététiques mais aussi la charge des démarches administratives. Par exemple pour un patient souffrant de diabète, le temps dédié au suivi de sa maladie, requiert plus de 2h30 par jour.

Les causes principales de difficultés relevées par les patients concernaient notamment, la régularité des soins, le coût financier mais aussi la prise de rendez-vous et les relations avec les soignants.

Grâce aux réponses apportées, un outil d’évaluation du « fardeau du traitement » sur les symptômes acceptables a été créé par les chercheurs. Cet outil permet d’évaluer les patients à risque d’épuisement en déterminant la charge de soins acceptables.(3)

3| Sources

1. Prendre en charge une personne âgée polypathologique en soins primaires, outil d’amélioration des pratiques professionnelles, HAS, 2015

2. https://www.who.int/topics/chronic_diseases/fr/

3.  Viet-Thi Tran, Victor M. Montori, Philippe Ravaud, Is My Patient Overwhelmed? Determining Thresholds for Acceptable Burden of Treatment Using Data From the ComPaRe e-Cohort, Mayo Clinic Proceedings, 2019, DOI: https://doi.org/10.1016/j.mayocp.2019.09.00