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Une méta-analyse américaine récente redonne une lueur d’espoir pour les anciens fumeurs. Le risque de mortalité globale lié au tabagisme reste important mais l’arrêt du tabac serait bénéfique même 2 ans avant le diagnostic d’un cancer du poumon.

 

Le tabac, un fléau qui sévit toujours

Contrairement à ce qui a pu être relayé dans les médias, sur le potentiel effet protecteur de la nicotine dans la maladie de Covid-19, le tabac reste très dangereux pour la santé et constitue le premier facteur de risque de cancer du poumon. La fédération française de cardiologie l’affirme, la pandémie de Covid-19 jouerait même un rôle néfaste sur les addictions et notamment sur le tabagisme.

Le tabagisme concerne majoritairement les hommes et touche généralement les populations les plus défavorisées. Dans le monde, c’est 8 millions de personnes qui en meurent chaque année. En France, malgré une forte baisse du nombre de décès en 2019, chaque année c’est 75 000 personnes qui décèdent du tabagisme. Un fléau qui sévit donc toujours malgré les mesures règlementaires et de prévention.

Le tabac est à l’origine de nombreux cancers (œsophage, vessie, ORL, pancréas, etc.) et de maladies cardiovasculaires et respiratoires, voire même de diabète de type 2. Cependant, encore peu de données existent quant à l’impact de l’arrêt du tabac sur la survie générale et celle spécifique au cancer du poumon. Une équipe de chercheurs américains a donc réalisé une méta-analyse pour démontrer s’il existe ou non un bénéfice à arrêter le tabac même tardivement.

L’arrêt du tabac même tardif est bénéfique

Des chercheurs américains l’ont récemment prouvé, il existerait un bénéfice sur la survie globale de l’arrêt du tabac indépendamment de la durée du tabagisme. Une méta-analyse regroupant 17 études a été présentée au congrès virtuel 2020 de l'American Society of Clinical Oncology (Asco 2020).

Cette méta-analyse regroupe un consortium de plus de 34 000 patients du monde entier. Sur 34 649 patients inclus, 41% étaient fumeurs au moment du diagnostic de cancer de poumon, 41% étaient ex-fumeurs et 18% n'avaient jamais fumé. D’après les chercheurs, les ex-fumeurs et les non-fumeurs amélioraient leur survie générale par rapport aux fumeurs. Les chercheurs démontrent ainsi que le risque de mortalité toute cause confondue diminue de 20 % chez les anciens fumeurs ayant arrêté au moins 5 ans avant le diagnostic de cancer du poumon. Chez les patients ayant arrêté entre 2 et 5 ans, la réduction du risque de décès est de 16 % et de 12 % pour ceux ayant arrêté dans les deux ans précédents le diagnostic ce cancer du poumon.

Les chercheurs prouvent donc tout l’intérêt d’un arrêt du tabac quelle que soit la durée du tabagisme. Selon eux, même 2 ans avant le diagnostic d’un cancer du poumon, l’arrêt du tabac améliore la survie globale des patients.1

Sources

  1. Aline Fusco Fares, Mei Jiang, Ping Yang, David C. Christiani, Chu Chen, Paul Brennan, Jie Zhang, Ann G. Schwartz, Maria Teresa Landi, Kouya Shiraishi, Brid M Ryan, Hongbing Shen, Matthew B. Schabath, Garcia Adonina, Sanjay Shete, Loic Le Marchand, Angela Cox, Rayjean Hung, Wei Xu, and Geoffrey Liu, Smoking cessation (SC) and lung cancer (LC) outcomes: A survival benefit for recent-quitters? A pooled analysis of 34,649 International Lung Cancer Consortium (ILCCO) patients. Journal of Clinical Oncology 2020 38:15_suppl, 1512-1512