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Une récente méta-analyse de 72 études prospectives confirme la corrélation entre l’adiposité abdominale et la mortalité prématurée, toutes causes confondues.

 

 

L’obésité, fléau du 21ème siècle à l’échelle mondiale

 

L’obésité constitue un véritable fléau du 21ème siècle qui atteint les proportions d’une épidémie d’échelle mondiale. Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), en 2016 il y avait près de 1,9 milliard d’adultes en surpoids dans le monde, soit trois fois plus qu’en 1975 et plus de 650 millions d’entre eux étaient atteints d’obésité.1 L’excès de graisse abdominale est un des symptômes très caractéristique du syndrome métabolique. Ce syndrome est en réalité une association d’anomalies comme un tour de taille élevé, un excès de sucre et de triglycérides.2 Une présence excessive de graisse viscérale peut parfois, à long terme, provoquer la survenue d’un diabète de type 2 due à une forte résistance à l’insuline.

 

 

Une méta-analyse suggère que la graisse abdominale est un facteur de risque de mortalité prématurée plus important que l’adiposité générale

 

Des chercheurs iraniens et canadiens ont étudié 72 études de cohorte prospectives incluant près de 2,5 millions de participants. Parmi ces études, 30 provenaient d'Europe, 22 des États-Unis et 2 du Canada, 16 d'Asie, 1 du Brésil et 1 de Tobago. 48 études incluaient les deux sexes, 12 uniquement des hommes, et 12 autres uniquement des femmes. Selon les études, les durées de suivi étaient de 3 à 24 ans.

Les scientifiques irano-canadiens ont comparé différentes mesures (tour de taille, rapports taille-hanches, taille-taille et taille-cuisse) ainsi que l'indice d'adiposité corporelle et de forme du corps. Ils ont constaté que ces deux indices étaient significativement associés à un risque de mortalité toutes causes confondues, plus élevé et indépendamment de l’adiposité générale. Les chercheurs ont aussi remarqué qu’à contrario, un tour de hanche et un tour de cuisse plus importants étaient associés à un risque de mortalité prématurée plus faible.

Au vu des résultats, les chercheurs pensent que les mesures de l'adiposité centrale devraient être utilisées avec l'indice de masse corporelle comme une approche supplémentaire pour déterminer le risque de mortalité prématurée. Certaines limites à cette étude sont à considérer comme notamment l’absence potentielle de diagnostic de maladies déjà existantes chez certains patients. Une méta-analyse complémentaire serait donc nécessaire regroupant plusieurs marqueurs incluant l’indice de masse corporelle.3 Ces travaux devraient permettre de justifier davantage et renforcer la prévention du surpoids et de l’obésité et tout particulièrement de la graisse abdominale au sein des populations occidentales.

 

Sources

  1. OMS, obésité et surpoids, 20 août 2020

  2. Rémy Martin-Du Pan, Syndrome métabolique ou syndrome de la bedaine, Rev Med Suisse 2010; volume 6. 156-157

  3. Central fatness and risk of all cause mortality: systematic review and dose-response meta-analysis of 72 prospective cohort studies; BMJ 2020; 370 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.m3324, 23 September 2020