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Souvent peu encouragée par le corps médical ou l’entourage, la grossesse n’augmente pourtant pas le risque de récidive du cancer du sein. C’est la conclusion d’une étude italienne présentée au San Antonio Breast Cancer Symposium (SABCS 2020).

 

Le désir de grossesse souvent refoulé après un cancer du sein

Le cancer du sein est la tumeur maligne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer.1 Depuis de nombreuses années, il est courant de décourager les survivantes d’un cancer du sein à enfanter, notamment celles ayant eu des tumeurs hormonodépendantes ER+. En effet, ce type de tumeurs prolifèrent avec l’augmentation du nombre d’œstrogènes.

Parce que la grossesse implique un niveau hormonal élevé, elle était très souvent déconseillée aux femmes ayant eu un cancer du sein. Pourtant, d’après une méta-analyse italienne récente, la grossesse n'augmente pas le risque de récidive de cancer du sein. Des chercheurs italiens ont réalisé une méta-analyse portant sur près de 115 000 patientes atteintes d'un cancer du sein et de plus de 8 millions de femmes dans la population générale.2

 

La grossesse n’est pas un facteur de risque de récidive de cancer du sein

D’après les scientifiques, parmi les femmes ayant eu un cancer du sein, il n'y avait pas de complications suite à la grossesse telles que la prééclampsie et la survenue d’anomalies congénitales ni d’augmentation du risque d'avortement spontané. De plus, d’après l’équipe italienne, la grossesse semblait sûre en termes de survie globale, indépendamment des statuts BRCA et nodal, du traitement par chimiothérapie, de l'issue de la grossesse selon qu’elle ait été menée à terme ou arrêtée par avortement.

Les résultats de la méta-analyse relèvent cependant quelques éléments importants à prendre en compte en matière de sécurité de la grossesse suite à un cancer du sein. En effet, les scientifiques ont démontré que les survivantes du cancer du sein avaient significativement moins de chances de tomber enceintes par rapport au groupe contrôle. Les scientifiques n’ont néanmoins pas de données concernant les tentatives de grossesse et pour les études mentionnant le désir de grossesse, la moitié des femmes sont tombées enceintes sans recours à la procréation médicale assistée. La méta-analyse démontre également que les femmes ayant eu un cancer du sein avaient un risque plus élevé de naissance par césarienne ou prématurée ou de donner naissance à un bébé de faible poids ou de petite taille. Concernant le risque accru d'avoir un enfant de faible poids à la naissance ou de plus petite taille pour l’âge gestationnel, d’après l'analyse stratifiée, il n'était significatif que pour les femmes ayant eu une chimiothérapie notamment, et dans certains cas, lorsque la grossesse était tardive.

Cette méta-analyse prouve la nécessité pour les équipes médicales d’échanger avec les futures mamans des risques possibles liés à une grossesse suite à un cancer du sein et d’envisager les options de préservation de la fertilité dès le diagnostic initial.2

 

Sources

  1. Guedes H, Figueiredo Dias M. Gravidez após o Cancro da Mama: Estado da Arte [Pregnancy after Breast Cancer: State of the Art]. Acta Med Port. 2017 Nov 29;30(11):818-823. Portuguese. doi: 10.20344/amp.8885. Epub 2017 Nov 29. PMID: 29279075.
  2. Blondeaux e et al. SABCS 2020, Abstract GS3-09