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Les chercheurs de l'UNIGE espèrent que la protéine S100A9, ou Calgranuline B, puisse contribuer au développement d'un antidiabétique de nouvelle génération.

1| Une protéine à exploiter dans la recherche thérapeutique de nouvelle génération

Les chercheurs de l'UNIGE pensent que la protéine S100A9, encore appelée Calgranuline B, pourrait améliorer la qualité de vie des patients traités par insuline. Selon eux, elle régulerait le glucose et les lipides.(1)

L’insuline, indispensable à la survie de plusieurs millions de patients atteints de diabète de type-1 et de diabétiques de type 2 souffrant d’insulinopénie, s'avère parfois dangereuse lorsqu'elle est très fortement (risque d'hypoglycémie) ou faiblement dosée (risque de d’hyperglycémie).(2)

Or, un déséquilibre du diabète entraîne à long terme des complications, d'où l’enjeu d’un traitement le plus efficace possible. Le professeur Coppari et son équipe ont déjà effectué des recherches sur la leptine, une hormone qui régulerait la glycémie mais difficilement utilisable du fait d’une résistance à celle-ci induite par les neurones hypothalamiques.(4)

2| La protéine S100A9 joue un rôle clé dans l’amélioration de la glycémie

De précédents travaux ont observé qu'une sur-expression de la protéine S100A9 était nécessaire afin d'éviter une interférence avec la protéine S100A8 ainsi que le déclenchement de maladies inflammatoires ou auto-immune.(1)

Des essais sur des souris ont démontré des améliorations des niveaux de glucose et de lipides.

D'après les chercheurs de l'UNIGE, la protéine S100A9 "améliore le déséquilibre métabolique de la carence en insuline". Cette protéine ne s'exprime qu'en présence du récepteur TLR4. Bien que son mécanisme reste encore difficile à expliquer, sa présence est essentielle pour l'action de la protéine Calgranuline B.(1)

Le Professeur Coppari mène donc actuellement une étude clinique d'observation sur une population de diabétiques de type 1 et 2 avec des glycémies très élevées pour identifier s’il existe une corrélation entre les symptômes observés et le niveau de protéine S100A9.(3)

Ces recherches pourraient aboutir à des traitements de nouvelle génération combinant cette dernière à de faibles doses d’insuline.

3| Sources

  1. Giorgio Ramadori, Sanda Ljubicic, Serena Ricci, Despoina Mikropoulou, Xavier Brenachot, Christelle Veyrat-Durebex, Ebru Aras, Rafael M. Ioris, Jordi Altirriba, Elisabeth Malle, Dirk Foell, Thomas Vogl & Roberto Coppari, S100A9 extends lifespan in insulin deficiency, volume 10, Article number: 3545 (2019). Doi : 10.1038/s41467-019-11498-x.
  2. Coppari, R. & Bjorbaek, C. Leptin revisited: its mechanism of action and potential for treating diabetes. Nat. Rev. Drug Discov. 11, 692–708, doi.org/10.1038/nrd3757 (2012). Doi : 10.1038/nrd3757.
  3. Vianna, C. R. & Coppari, R. A treasure trove of hypothalamic neurocircuitries governing body weight homeostasis. Endocrinology. 2011 Jan;152(1):11-8. Doi : 10.1210/en.2010-0778.
  4. Des traitements de nouvelle génération pour le diabète ? Communiqué de presse de l’Université de Genève.