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Des chercheurs australiens s’inquiètent de l’après pandémie au coronavirus. Ils craignent une troisième vague d’un nouveau genre, très silencieuse, d’ordre neurologique grave.

 

Le virus SRAS-CoV-2 particulièrement meurtrier, serait un virus neurotrope.

La pandémie de COVID 19 paralyse le monde entier depuis des mois. En décembre 2019, le virus circulait déjà à Wuhan et provoquait une maladie respiratoire aiguë dévastatrice pour beaucoup de personnes. En date du 6 novembre 2020, on note plus de 48 millions de cas confirmés dans le monde depuis le 31 décembre 2019 incluant près de 8,5 millions de cas en Europe, selon Santé Publique France. Ces chiffres ne cessent d’évoluer, et l’on ne dénombre pas moins de 1 234 371 décès dans le monde, dont 235 648 en Europe, depuis le début de la pandémie.1

Des scientifiques australiens ont observé une augmentation de survenue de symptômes neurologiques sévères chez les patients comme l’encéphalite, ou plus légers comme l’hyposmie qui correspond à l’altération de l’odorat. Ces symptômes laissent supposer que le virus SRAS-CoV-2 est un virus neurotrope. De nombreux virus sont considérés comme neurotropes c’est-à-dire capables d'envahir les cellules nerveuses. Les scientifiques australiens citent sur la base de plusieurs études, le virus de l'herpès simplex, le virus de la grippe de type A ou encore les coronavirus2.

 

Une neuro-inflammation chronique pourrait être responsable de la maladie de Parkinson

Les chercheurs pensent que l’inflammation neurologique chronique jouerait un rôle important dans la survenue de la maladie de Parkinson. En effet, il existe une hypothèse scientifique selon laquelle « un agent pathogène inconnu » entraînerait une atteinte neuronale et pourrait prédisposer à la maladie qui ne se révèlerait que bien plus tard.2

Dans les troubles neurodégénératifs de la maladie de Parkinson et même de la maladie d’Alzheimer on note souvent l’altération de la fonction olfactive comme dans la maladie au coronavirus. L'hyposmie est l'un des premiers symptômes de la maladie de Parkinson et est présent chez près de 90% des patients atteints de la maladie à un stade précoce3. C'est pour cette raison que la pandémie de COVID-19 inquiète beaucoup les scientifiques australiens. Ils pensent que les cas d’infection au coronavirus pourraient fournir aux neurologues et neuroscientifiques des informations importantes sur l'effet des infections et inflammations virales dans les affections neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.

Même si à ce jour les données sont insuffisantes pour quantifier le risque de développer la maladie de Parkinson à la suite de l’infection au COVID-19, les chercheurs australiens suggèrent qu’il n’est pas impossible d’écarter cette hypothèse.

Comme pour d’autres virus, il peut donc y avoir des complications neurologiques secondaires à l'infection par le SRAS-CoV-2. Ils pensent qu’il est important de surveiller les personnes convalescentes ayant été infectées par le coronavirus dès à présent car elles pourraient être susceptibles de développer des troubles neurologiques à long terme2.

Sources

  1. Santé Publique France, Coronavirus : chiffres clés et évolution de la COVID-19 en France et dans le Monde, [consulté le 5 novembre 2020]

     

  2. Beauchamp, Leah C. et al. ‘Parkinsonism as a Third Wave of the COVID-19 Pandemic?’ 1 Jan. 2020 : 1343 – 1353.

     

  3. Haehner A, Boesveldt S, Berendse HW, Mackay-Sim A, Fleischmann J, Silburn PA, Johnston AN, Mellick GD, Herting B, Reichmann H, Hummel T. Prevalence of smell loss in Parkinson's disease--a multicenter study. Parkinsonism Relat Disord. 2009 Aug;15(7):490-4. doi: 10.1016/j.parkreldis.2008.12.005. Epub 2009 Jan 11. PMID: 19138875.