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Le dépistage est seulement recommandé pour certaines formes de cancers comme le cancer du col de l’utérus, le cancer du sein ainsi que le cancer colorectal. Les défis sont nombreux pour garantir le progrès face à une mortalité encore trop importante.

 

1. Les cancers constituent un enjeu de santé publique majeur en Europe

 

Les cancers représentent un véritable problème de santé publique. L’Europe compte à elle seule un quart des cancers du monde alors que sa population ne représente que 9% de la population mondiale. L’incidence et la mortalité de 25 cancers majeurs ont été estimées pour l’Union Européenne (UE) en 2018. Ces chiffres sont importants à connaître afin de mieux adapter la prévention des cancers. Les estimations ont été réalisées à partir de bases de données qui contiennent les taux d'incidence et de mortalité de chaque pays de l’UE. En 2018, en Europe, il y a eu environ 3,91 millions de nouveaux cas de cancer et 1,93 million de décès lié aux cancers.

Les cancers les plus courants recensés sont les cancers du sein chez la femme avec 523 000 cas, les cancers colorectaux avec près de 500 000, ainsi que les cancers du poumon et de la prostate, avec respectivement 470 000 et 450 000 cas. Ces quatre cancers représentent près de la moitié de la charge globale des cancers en Europe. Les cancers les plus meurtriers par ordre croissant sont les cancers du poumon avec 388 000 décès recensés en 2018, suivis des cancers colorectaux avec 243 000 décès cette même année ainsi que les cancers du sein et du pancréas avec respectivement 138 000 et 128 000 décès. Toujours en estimation au sein de l’UE, il y aurait 1,6 million de nouveaux cas chez les hommes contre 1,4 million de nouveaux cas chez les femmes, avec 790 000 hommes décédés en 2018 contre et 620 000 femmes décédées, en 2018.1

 

2. Le dépistage précoce des cancers constitue un grand défi

 

En Europe, les chiffres des cancers sont alarmants et devraient impliquer le renforcement des efforts de prévention.

La prévention des cancers comprend d’une part, le dépistage et d’autre part, l'éducation pour reconnaître les symptômes et ainsi promouvoir un diagnostic le plus précoce possible.

Bien que le dépistage soit reconnu comme un élément important des politiques de prévention du cancer, il n'est recommandé que pour trois catégories de cancers, ceux du col de l'utérus, les cancers du sein ainsi que les cancers colorectaux.

Malgré une augmentation rapide de l’incidence et de la mortalité des cancers, il existe des différences importantes dans l’impact préventif des politiques de dépistage des cancers.

Les défis sont nombreux dans le domaine de la prévention des cancers. Notamment, la présence ou non de preuves suffisantes pour recommander un dépistage, l’existence ou non d’obstacles à la mise en œuvre de politiques de dépistage fondées ainsi que le renforcement de la recherche pour la découverte de nouveaux biomarqueurs pour le dépistage. Même lorsqu’il y a des preuves, les politiques de dépistage ne sont pas toujours mises en œuvre. Par exemple, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande le dépistage des cancers du col de l’utérus, du sein, et le cancer colorectal mais l’on observe des différences dans la mise en œuvre de ces dépistages en Europe, selon la Commission Européenne. Les raisons des freins au dépistage sont multiples, cela peut être le manque de support communautaire, le manque de ressources financières et la difficulté d’accéder aux données des populations cibles afin de les solliciter pour le dépistage.

La recherche sur les biomarqueurs est une piste essentielle dans la prévention des cancers. L’exemple du cancer du col de l’utérus le démontre. Le test HPV qui permet la détection des acides nucléiques des génotypes d’HPV à haut risque, protègerait contre le cancer du col de l’utérus pendant plus de 6 années alors que la cytologie ne protègerait que pendant une période de 3 années.2

Des études supplémentaires sont nécessaires pour améliorer les usages des dépistages des cancers d’une part, et développer la recherche de nouveaux biomarqueurs, d’autre part.

 

3. Sources 

  1. Ferlay J, Colombet M, Soerjomataram I, et al. Cancer incidence and mortality patterns in Europe: Estimates for 40 countries and 25 major cancers in 2018. Eur J Cancer. 2018;103:356-387. doi:10.1016/j.ejca.2018.07.005
  2. Dillner J. Early detection and prevention. Mol Oncol. 2019;13(3):591‐598. doi:10.1002/1878-0261.12459