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Selon une étude, chez les patientes atteintes d'un cancer du sein avancé ou métastasé, la chimiothérapie en continu serait plus efficace que celle administrée en plusieurs cycles.

 

Dans quelle mesure la chimiothérapie en continu influerait-elle sur la qualité de vie et la survie globale des patientes atteintes d’un cancer du sein à un stade avancé ? Des chercheurs du Zuyderland Medical Center aux Pays-Bas ont voulu répondre à cette question en menant une recherche clinique comparative.

 

Des résultats contre toute attente

Présentés au congrès ESMO breast cancer de l’European Society for Medical Oncology, qui s’est tenu du 2 au 4 mai 209 a Berlin, les résultats de l’étude montrent que la survie globale et la qualité de vie des patientes augmentent avec un traitement continu (1). Ces conclusions sont allées à l'encontre de ce que supposaient les chercheurs. « Nous avions tendance à suggérer aux patientes qu’une pause au milieu du traitement pouvait être bénéfique, mais l’étude a montré que ce n’était pas cas », explique le Dr Monique Bos, qui fait partie de l’équipe de recherche. Pour en arriver à ces résultats, 420 patientes atteintes d'un cancer du sein avancé ont été traitées. Un premier groupe a bénéficié d’un schéma intermittent, soit 4 cycles de traitement suivi d’une pause, puis de 4 cycles supplémentaires. Chez le second groupe, un schéma continu, comprenant les mêmes 8 cycles administrés sans interruption, a été appliqué (1).

 

Aucun effet d’une chimiothérapie continue sur la qualité de vie

Au cours du traitement et du suivi, toutes les 12 semaines, les patientes ont répondu à un questionnaire standard pour mesurer leur qualité de vie physique et mentale. Pendant 1 an, les chercheurs ont comparé les scores de chaque groupe. « Les résultats ont montré qu’une chimiothérapie continue n’avait aucun effet délétère sur la qualité de vie », avancent-ils. Pour autant, un traitement continu reste compliqué à administrer sur une longue durée. Pour les auteurs, il s’agirait « d’utiliser des agents bien tolérés pouvant être administrés sans interruption sur une période prolongée ».

 

Quid de la survie globale ?

Les résultats ont également montré que la survie globale augmentait significativement de 13,9 mois avec la chimiothérapie en continue contre 12,7 mois dans le cas d’un schéma classique. Parmi les 420 patientes de l’étude, 270 ont bénéficié d’une seconde ligne de chimiothérapie supplémentaire, 139 en continu et 131 selon un schéma intermittent. La survie globale du groupe ayant reçu le traitement en continu a augmenté significativement de 16,6 mois, contre 14,6 pour le deuxième groupe. « À l’origine, notre principal objectif était d’analyser l’efficacité d’une ligne de chimiothérapie supplémentaire. Mais l’augmentation de la survie globale que nous avons constatée est intéressante dans la mesure où elle intervient, quel que soit le nombre de lignes, pourvu qu’elle soit administrée sans interruption », se réjouit le Dr Frans Erdkam, investigateur principal de la recherche.

 

 Source

(1) Erdkamp F.L.G. Intermittent versus continuous chemotherapy beyond first-line for patients with HER2-negative advanced breast cancer (BOOG 2010-02). Annals of Oncology (2019) 30 (suppl_3): iii47-iii64. DOI : 10.1093/annonc/mdz100.

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